D E S E R T

Uključim TV i slučajno kliknem na Farmu.
Rekoh, hajde da pogledam malo o čemu se radi, čisto da ne budem baš skroz isključena. Mislim da je desetak minuta bio maksimum. Ugasim TV.
Između boravka na Farmi, u takvoj razornoj energiji sa debelim honorarom i sama u pustinji prepuštena sebi, da se hranim kao beduin i tražim vodu uz pomoć majmuna kome sam dala zadnji grumen soli, izabrala bih drugo.
Uverena da bih u drugoj varijanti preživela, ili bih stradala časno od divljih zveri ili oluje.
U prvom slučaju ne bih preživela ni par dana, rastrgnuta od zveri u ljudskom obliku.

“Vas je ovdje mnogo, a ja sam sâm. Činite sa mnom što god hoćete, jer vukovi rastržu janje u noćnome mraku, ali tragovi krvi ostaju na tlu sve do jutra i izlaska sunca.”

 

DESERT

J’allume la TV et tombe sur la l’émission de téléréalité La Ferme.
Je me dis, voyons voir de quoi ça parle, juste histoire de ne pas être totalement déconnectée. Je crois qu’une dizaine de minutes m’ont suffit et j’ai éteint la télé.
A chosir entre La Ferme avec ses énergies destructrices aux honoraires monstrueux et être seule dans le désert, abandonnée, me nourrissant comme un bédouin et cherchant de l’eau avec l’aide d’un singe à qui j’ai donné le dernier grain de sel, je choisirai le désert.
Je suis convaincue de survivre dans le second cas ou je périrais honorablement mise en pièces par des monstres à apparence humaine.

« Vous êtes très nombreux ici, et je suis seul. Faites de moi ce que vous voulez, car les loups déchiquètent l’agneau dans la nuit noire, mais les traces de sang restent jusqu’au levé du soleil. »

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S R E B R O

Stajao je naslonjen na ogradu broda, zagledan u srebrni sjaj reke koji ga je hipnotisao.
Udisao je duboko svež miris vode pomešan sa borovinom.
Šum talasa mu je sabirao misli.
Otplovio je daleko.
Setio se tih toplih očiju. Lepih usana, osmeha.
Bio je suviše tvrdoglav da popusti. Pustio ju je da ode, i nije mogao da prežali.
Izgubljeno vreme koje se ne može nadoknaditi.
Razmišljao je da je pozove.
Plašio se reakcije. Poraza. Odbijanja.
Bio je kukavica.
Zašto je postao kukavica?
Pitao se kada tačno, ali nije mogao da se seti.
Imala je moć da od njega napravi kralja i ludu. Kukavicu i heroja.
Imala je moć da je zauvek voli jako, iako je odavno bila daleko.
“Čemu? Najbolje bi bilo zaboraviti, i krenuti dalje.”
Krenuo je on dalje, samo je ona stalno bila s njim. Pratila ga je u stopu kao senka.
Nadgledala mu svaki pokret, svaku želju za novim početkom i rušila ih kao kule od karata i peska, sećanjem.
Svojim fizičkim neprisustvom jačala je prisustvo svoga duha.
Došlo mu je da vikne najjače što može: “Spasi me! Dođi.”
I za to nije imao snage.
Prezirao je sebe.
Mrzeo je sebe i voleo nju.
Bio je izgubljen.

 

ARGENT

Il était penché sur le bastingage du bateau, le regard plongé dans la rivière étincelante qui l’hypnotisait.
Il respira profondément l’odeur fraiche de l’eau mélangée à l’odeur du pin.
L’écume des vagues rassemblait ses pensées.
Il flottait au loin.
Il se souvenait des yeux chaleureux. Des belles lèvres, du rire.
Il était trop têtu pour lâcher prise. Il l’avait laissée partir et il ne pouvait s’en remettre.
Le temps perdu qui ne peut être comblé.
Il pensait l’appeler.
Il avait peur de sa réaction. L’ennuie. Le rejet.
Il était lâche.
Pourquoi était-il devenu lâche ?
Il se demandait quand exactement mais ne s’en souvenait pas.
Elle avait le pouvoir de le rendre Roi ou fou. Couard ou héros.
Elle avait le pouvoir de se faire aimer pour toujours même si elle était depuis longtemps loin.
« Où cela mène-t-il ? Le mieux c’est d’oublier et d’aller de l’avant. »
Il allait de l’avant mais elle était toujours avec lui. Elle le suivait à chaque pas comme une ombre.
Elle contrôlait chaque mouvement, chaque désir pour un nouveau commencement et les détruisait comme les châteaux de cartes et de sable, par le souvenir.
Par son absence physique elle renforçait la présence de son âme.
Il lui arrivait de criait aussi fort qu’il le pouvait : « Sauve-moi ! Viens ! »
Et même pour cela, il n’avait plus de force.
Il se méprisait.
Il se détestait et l’aimait.
Il était perdu.

S T U B B O R N

Na kraj sveta
iza kraja
stigoh,
ali od tebe ne pobegoh.

Na dno mora
i još dublje
zaronih
ali od tebe ne odoh.

Iza daleke zvezde
u nebo plavo
poleteh,
al’ se od tebe ne sakrih.

Nemam kud. Nemam gde.
Svako mesto znaš.
Kuda ću od tebe sad?

Lukavo čekaš.
Smeješ se.
Pobedu slaviš.
Likuješ.

Ne slutiš
da na kraj sveta
i dalje još
otićiću.
U dubine
i dublje još
zaroniću.
U plavetnilo
i dalje još
odleteću.
Vratiti se neću.
Čekaću.

 

ENTETEMENT

Au bout du monde
J’étais arrivée au bout,
Mais je ne t’avais pas fui.

Dans les abimes de la mer
Et plus profondément
J’avais plongé
Mais je ne t’avais pas quitté.

Derrière les étoiles éloignées
Dans le ciel bleu
Je m’étais envolée
Mais je ne m’étais pas cachée de toi.

Je n’ai nulle part où aller, où fuir.
Tu connais tous les lieux
Comment m’échapper de ton emprise ?

Malin, tu attends.
Tu souris.
Tu fêtes ta victoire.
Tu jubiles.

Tu ne t’attends pas
Qu’au bout du monde
Et encore plus loin
Je partirai.
Dans les abimes
Et plus profondément encore
Je plongerai.
Et dans l’azur du ciel
Et encore plus loin
Je m’envolerai.
Je ne reviendrai pas.
J’attendrai.

S I Z I F

Sizif je živeo na Korintskoj prevlaci i imao je veliko krdo krava. Primetio je da mu se krdo smanjuje, pa im je pod kopita utisnuo žig “ss”. Otkrivši kradljivca i želeći da ga kazni, obljubio mu je kćer koja mu je rodila Odiseja. Veoma lukav, Sizif je činio mnoga zlodela. Pljačkao je, ubijao nedužne putnike, i naravno odao Zevsovu tajnu.
Zbog svega toga kažnjen je tako što je dobio zadatak da ogroman kamen odgura na vrh brda najstrmijom stranom, prebaci ga preko vrha i skotrlja u podnožje. Nikada nije uspeo to da uradi. Taman kad bi ga dogurao do vrha, kamen bi od težine sam skliznuo nazad, pa bi počinjao iz početka.

Za uzaludan posao ili zadatak koji se mora uraditi, a skoro ga je nemoguće ispuniti kažemo da je “Sizifov posao”.
Manje ili više za običnog čoveka u Srbiji sve je Sizifov posao. Od plaćanja računa, do kupovine najbanalnijih stvari. Uopšte, za dostojanstven život ulaže mnogo truda, a rezultati su neizvesni. Obično se vraća na početak još umorniji.
Ali kad prosečnog, kočopernog Srbina pitaju: “Kako ste?”
On kao Jov odgovara: “Ne žalim se!”
Ili kao Ikar: “Sjajno!”
Ili kao Platon: “Idealno!”
Nekad kao Marks: “Biće bolje.”
Retko ćete čuti da kao Prometej kaže: “Nešto me nagriza.”
Ili kao Frenklin: “Sav sam naelektrisan!”
Ako bi mene pitali, ja bih se složila sa Pikasom: “Zavisi od perioda.”

S I S Y P H E

Sisyphe vivaint dans l’isthme de Corinthe et avait un énorme troupeau de vaches. Il se rendit compte que son troupeau diminuait, et avait marqué la corne des pattes de ses vaches du sigle « SI ». Ayant découvert le voleur, il lui prit sa fille qui mit au monde Odyssé. Le très malin Sisyphe commettait des actes mauvais. Il volait, tuait les voyageurs innocents, et bien sûr trahit le secret de Zeus. Pour tous ces forfaits, il fut condamné à rouler un rocher jusqu’en haut d’une montagne qui redescendait à chaque fois qu’il parvenait au sommet à cause de son poids. Et il recommençait tout depuis le début.

Pour un travail ou une tâche qui doit être accompli, et qu’il est impossible de réaliser, on dit que c’est « le rocher de Sisyphe ».
En Serbie, pour le citoyen moyen, c’est plus ou moins « le rocher de Sisyphe ». Du paiement des factures, à l’achat des produits les plus anodins. En général, il investit beaucoup d’energie pour une vie digne mais les résultats sont incertains. Il revient alors au début encore plus épuisé.
Mais quand on demande au citoyen Serbe moyen, blasé : « comment allez vous ? »
Il répond comme Job : « je ne me plains pas ! »
Ou comme Icare ; « Brillamment bien ! »
Ou comme Platon : « Idéalement bien ! »
Autrefois comme Marx : « ça ira mieux ! »
Vous entendrez rarement dire comme Prométhée : « quelque chose me ronge ! »
Ou comme Franklin : « Je suis tout électrique ! »
Si on me le demandait, je m’accorderais à dire comme Picasso : « ça dépend des jours.»